Belem & the Mekanics
SAX CELEBRATION

SAX Celebration, c'est une compilation inédite à télécharger à l’occasion des 200 ans de la naissance du célèbre inventeur du saxophone.

Nous avons demandé aux saxophonistes ayant publié un album chez IGLOO d’extraire un titre de leur discographie "igloosienne" pour l’inclure à cette compilation. En parallèle, nous leur avons posé quelques questions auxquelles ils ont répondu à leur manière. Merci à tous !

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Fabrice Alleman
Quel saxophoniste vous a influencé?
Pour être honnête? Tous!

Quel album vous a le plus marqué?
«A love supreme»! C’est la première fois de ma vie que j’ai écouté un album en entier qui m’extirpait des larmes de joie.

En quoi votre saxophone est-il unique? ou une anecdote entre vous et votre instrument.
Un jour, pendant que je travaillais, j’en ai eu assez que ça ne sorte pas comme je voulais...! Et dans un moment de frustration totale, je l’ai lancé à travers la pièce. A l’instant même où il est parti de mes mains, je l’ai regretté... J’ai appris ce jour-là que je suis le seul responsable de ce que je suis et de comment je suis. Depuis, je le respecte et essaye de grandir avec!

Fabrizio Cassol
Quel saxophoniste vous a influencé?
Le saxophone est un des instruments de musique le plus proche de la voix humaine qui a fait résonner bien plus que des styles ou des genres. A travers lui, c’est la condition humaine qui s’est exprimée grâce à des génies comme John Coltrane, Charlie Parker, Ornette Coleman, Sonny Rollins, Johnny Hodges et bien d’autres reconnus par tous. Bien sûr, tous ces saxophonistes m’ont inspiré, d’autant plus qu’ils sont bien au delà d’une approche d’ins- trumentistes, ce sont de véritables compositeurs aux langages raffinés et expressifs.
Mais je prendrai comme exemple le saxophoniste parisien Guillaume Orti qui a su donner à cet instrument une fraicheur hors du commun.

Quel album vous a le plus marqué?
The european Tour, John Coltrane. Pour le choc de l’inouï....

En quoi votre saxophone est-il unique? ou une anecdote entre vous et votre instrument.
Actuellement, je joue un Borgani, mais pas à l’époque des enregistrements Igloo qui remontent à 25 ans.
Borgani est un instrument dit «fait mains», et provient de la région Le Marche (Macerata) en Italie, lieu de naissance de ma mère. Le nom de mon saxophone est Madre Perla, mère perle....Il est également unique parce que nous avons énormément voyagé ensemble et depuis une quinzaine d’années, il m’a toujours accompagné. De nombreuses fois en Afrique, l’Asie, les Amériques, l’Australie, l’Europe dans tous les sens....nous avons résonné dans les lieux urbains, mais également dans les natures les plus diverses de l’Himalaya aux jungles touffues ou des déserts les plus inspirants; té- moins des rencontres humaines et musicales les plus diversifiées, les mélanges de cultures les plus fous et improbables....en ceci, très certainement ce saxophone est unique....

 Thomas Champagne
Quel saxophoniste vous a influencé?
Difficile de n’en citer qu’un! John Coltrane : son énergie, son aura, sa sonorité - Lee Konitz : les tournants harmoniques de ses solos - Wayne Shorter : l’art de la mélodie et ses compositions, son éclectisme - Joe Henderson...

Quel album vous a le plus marqué?
Joe Henderson «Double Rainbow». J’ai découvert ce disque quand j’avais 18 ans. Il correspondait à mon envie de mélanger le jazz à d’autres cultures. Et le son de Joe Henderson, son sens tellement lyrique de la phrase et la double rythmique (moitié des morceaux avec des jazzmen et l’autres avec des musiciens brésiliens) m’ont marqué à l’époque...Bien d’autres disques à citer bien sûr!

En quoi votre saxophone est-il unique? ou une anecdote entre vous et votre instrument.
Pas d’anecdote particulière à part que, plus les années avancent, plus l’instrument a été trimballé dans différents coins du monde, et dans beaucoup d’aventures, ce qui rend sa vie particulière!

Manuel Hermia
Quel saxophoniste vous a influencé?
J’ai grandi en écoutant tant Jan Garbarek que Archie Shepp, attiré autant par la puissance mélodique du sax que par sa capacité à vé- hiculer un cri. Plus tard, bien d’autres saxophonistes ont inspiré mon jeu, dans les styles les plus variéś allant de Cannonball à David Sanborn et de Stan Getz à Tony Malaby, mais John Coltrane a été pour moi, comme pour beaucoup d’autres de mes collègues, une inspiration centrale et permanente.

Quel album vous a le plus marqué?
Tout le coffret du quartet de Coltrane. Parce que sa musique me semble complète. Une approche mélodique simple comme point de départ, et une capacité à la développer tout à fait unique. C’est aussi un musicien qui est capable de jouer sur une très large palette dynamique et émotionnelle, de la balade la plus douce au cri le plus exsangue. C’est encore une capacité à intégrer au jazz toutes sortes d’influences issues d’autres cultures. Enfin, c’est un des rares.

En quoi votre saxophone est-il unique? ou une anecdote entre vous et votre instrument.
Mon sax alto est mon premier sax. J’avais commencé par la clarinette à 8 ans et vers 14 ou 15 ans j’avais eu un sax à prêter. Mais quand j’ai dû le rendre j’ai réalisé que je m’exprimais mieux sur un saxo, alors j’ai économisé sur les cadeaux et sur les petits boulots pour me faire une enveloppe, et j’ai été essayer une dizaine de saxos chez Persy, le meilleur magasin à l’époque. Après l’avoir choisi, le type du magasin m’a dit “pas éton- nant, c’est le meilleur, mais il te manque en- core la moitié de l’argent“, donc j’ai encore dû attendre quelques mois avant de pouvoir en disposer. Mais mon alto est toujours celui-là, un “Selmer super action 2“, dont je joue tou- jours! Plus tard j’ai commencé le soprano et le ténor, mais ça ce sont d’autres histoires... J’ai trouvé des mark VI pour chacun d’eux. Mais je peux dire que je suis très fidèle en instru- ments. J’ai des collègues qui aiment changer régulièrement. Moi je me plais vraiment à continuer à explorer le son sur des instru- ments que je connais, idem pour les becs. Donc j’espère bien pouvoir passer ma vie avec ceux que j’ai !

Nicolas Kummert
Quel saxophoniste vous a influencé?
C’est ma rencontre avec Fabrizio Cassol, Erwin Vann et Bo Van Der Werf qui m’a décidé a rentrer au Conservatoire et à devenir musi- cien professionnel, autant pour leur musique que pour leurs personnalités, leur humanité et leur enthousiasme qui ont convaincu l’ado- lescent que j’étais que cette route devait être bien intéressante à suivre!

Quel album vous a le plus marqué?
Pas un disque de saxophoniste, mais un disque Igloo: Vivaces, de Pierre Van Dormael auquel j’ai eu la chance de contribuer. Je pense encore très souvent à Pierre qui a été pour moi une sorte de mentor. Un musicien exceptionnel, un homme inoubliable...

En quoi votre saxophone est-il unique? ou une anecdote entre vous et votre instrument.
J’ai mon “Selmer Balanced Action“ depuis mes 17 ans, et je ne vois toujours pas de raison d’en changer... Je dis souvent de lui que s’il manque un peu de graves par rapport à d’autres (notamment les MARK VI qui lui ont succédé chez SELMER), il a un côté «féminin» qui me séduit, une douceur et une manière de chanter qui convient à mon jeu. Le gars qui me l’a vendu d’occase mais pratiquement neuf, l’a fait car il s’est rendu compte que sa réelle passion était le parachutisme... J’espère qu’il a trouvé son bonheur... Moi en tout cas j’ai trouvé le mien!!

Michel Mainil
Quel saxophoniste vous a influencé?
Tout d’abord Coltrane et Sonny Rollins pour leur énorme musicalité. Ils ont marqués plu- sieurs générations à eux seuls. Et ce n’est pas fini. Ensuite des saxophonistes plus actuels comme Ralph Moore ou Eric Alexander. Mais ils ont la même filiation...

Quel album vous a le plus marqué?
“Afro Blue Impressions“ de Coltrane. Il faisait la synthèse entre le hard bop et l’écriture modale tout en s’imprégnant des racines du jazz.

En quoi votre saxophone est-il unique? ou une anecdote entre vous et votre instrument.
Un saxophone est un instrument très personnel. Il faut le travailler quelquefois durant de longues années avant de le maîtriser, connaitre ses défauts. C’est en cela qu’il reste unique, en tout cas à mes yeux.

Jan Rzewski
Quel saxophoniste vous a influencé?
Steve Lacy, jouant avec mon père pendant des années, j’ai eu la chance de le rencontrer et le fréquenter. Icône, dinosaure, légende du sax soprano.

Quel album vous a le plus marqué?
“Kind of Blue“, chaque fois que je l’écoute est toujours frais.... En quoi votre saxophone est-il unique? ou une anecdote entre vous et votre instru- ment. Mon sax soprano me convient pour mon jeu pour la précision dans les attaques, un peu lourd mais je le trouve complet, solide et po- lyvalent oui.... Mais il ne serait rien sans mon bec magnifique et irremplaçable, contrairement aux sax!

Pierre Vaiana
Quel saxophoniste vous a influencé?
Beaucoup, mais principalement Steve Lacy, pour son investissement énorme sur le saxophone soprano, Joe Lovano pour m’avoir généreusement guidé sur la route du rythme, Jacques Pelzer pour m’avoir initié au jazz, et Mathieu Robert pour la relève qui ne pourra être que féconde et créatrice.

Quel album vous a le plus marqué?
TENOR MADNESS. Deux grands saxophonistes, John Coltrane et Sonny Rollins, dans un duel de haut vol, sur une forme simple,le blues. C’est l’album de Coltrane, il y invite Rollins, preuve de respect et de partage. Dans le jazz, on est tous ensemble. Les phrases s’alternent, des styles différents, une grande créativité, le «challenge» est évident à chaque note, l’électricité dans l’air est palpable.Toutes les jams sessions qui ont fait le jazz sont résumées en ce moment-là, dans cet enre- gistrement. L’esprit sain de la compétition, la transmission et l’échange, les idées musicales revues par chacun à sa propre manière.

En quoi votre saxophone est-il unique? ou une anecdote entre vous et votre instrument.
Il a une forme particulière, souvent droit, parfois courbé. Souvent on me dit que je joue une clarinette, et quand je rétorque que c’est bien un saxophone même si il n’est pas courbé, je dois expliquer pourquoi on doit courber les alto et ténors, à cause de leur longueur. Le saxophone soprano est peu ou pas as- sez joué. Il a un spectre sonore différent des saxophones plus graves, il chante dans une tessiture plus haute mais conserve de beaux graves, un peu comme une trompette ou un bugle. Il permet par sa sonorité d’explorer d’autres palettes expressives, il peut aussi évoquer les instruments à anche double, et s’aventurer plus aisément dans les couleurs des musiques du Monde. Il reste toutefois l’instrument idéal pour jouer du jazz, Sidney Bechet lui a donné ses lettres de noblesse dès les débuts à la Nouvelle Orléans, il fait référence aussi aux musiques créole et des Antilles. Il est revenu sur le devant de la scène avec Steve Lacy, Coltrane, et puis ensuite avec le mouvement jazz-rock et fusion. Une anecdote. On reproche au sax soprano son manque de justesse, je ne me suis jamais posé cette question. Quand j’ai décidé de me mettre à la musique, vers l’âge de 14/15 ans, je me suis dirigé vers l’Académie de Musique de Seraing, où j’habitais. Je n’avais pas de sous pour acheter un instrument de musique, le seul instrument en prêt était un sax sopra- no. J’ai dû aller le chercher dans le beau quar- tier de “l’Air Pur“, sur les hauteurs de Seraing; moi qui habitait dans les quartiers ouvriers. J’ai sonné à la porte d’une villa cossue, assez intimidé, une dame m’a ouvert, d’abord éton- née de voir un petit «ciccio» dans son quartier, puis elle m’a remis une petite valise noire, sou- lagée de s’en débarrasser, son fils n’en faisant rien. Entre le sax soprano et moi ça a été «love at first sight» et très vite j’en tirais des sons qui me remplissaient de joie! Depuis, cette petite valise m’a permis de voyager dans le Monde entier, de New York à Ouagadougou, et même dans le village de mes parents en Sicile où j’ai été jouer cet été. Aujourd’hui, j’habite dans une grande maison, au propre comme au figuré.

Tom Van Dyck
Quel saxophoniste vous a influencé?
Il y en a tellement, et pour être honnête, beaucoup de fois c’est certains guitaristes qui ont pu faire battre mon coeur plus vite. J’ai toujours été inspiré par des musiques, certains disques, certains goûts et couleurs harmoniques plutôt que par des saxophonistes individuels. Pat Metheny, John Scofield, Kurt Rosenwinkel, John Abercrombie, le quintet de Dave Holland, Thelonious Monk, Paul Motian Electric Bebop Band, les trios piano de John Taylor, Kenny Wheeler, Steve Swallow... C’est leurs sons que je porte avec moi, même sans le vouloir. Au niveau des saxophonistes il y en a quelques uns dont la voix continue à réson- ner dans ma tête: Chris Potter, Mark Turner, Michael Brecker, Wayne Shorter, Joe Hender- son, Joe Lovano, le Lee Konitz des années ‘50, Kenny Garrett, Cannonball Adderley...Les Belges: Kurt Van Herck et Robin Verheyen me touchent aussi profondément sous la peau.

Quel album vous a le plus marqué?
Un disque que j’emmènerais (pour le moment) vers mon isle, c’est Pat Metheny Trio 99/00. (Pat Metheny, Larry Grenadier et Bill Stewart). La balance entre virtuosité, lyrisme, joie de jeu, poésie, bonne écriture... On trouve tout ça sur ce disque.

En quoi votre saxophone est-il unique? ou une anecdote entre vous et votre instrument.
Mes saxophones principaux c’est des Keilwerth SX90 (ténor, alto et soprano). Aujourd’hui j’ai un baryton Keilwerth Toneking (modèle tard, tout juste avant le SX90) avec lequel je joue encore rarement. C’était vraiment avec Saxkartel que je voulais jouer du baryton, dans d’autres formations je ressentais moins ce besoin. Le baryton sur “Airdance“ était un Conn Ladyface qui sonnait fantastique mais assez difficile à jouer au niveau des doigtés. Pas facile de se détendre sur cet instrument... Après avoir expérimenté une vingtaine de saxophones “vintage“ de Keilwerth je suis finalement arrivé à leurs modèles contempo- rains. En effet, mon alto est le premier instrument neuf (un “special edition 20 Years“) que j’ai jamais acheté, il y a trois ans - j’ai toujours ressenti que des nouveaux saxophones ne résonnent pas aussi bien que des instruments qui ont été joués pendant plusieurs années. C’est un très bel instrument (corps noir/gris, pavillon argenté, bocal argent plein et des clés argentées.) Les becs dont je joue à l’alto et au baryton, c’est de Berg Larsen en bronze, chambres 3 et ouvertures entre 115, 120. C’est le bec baryton que François Louis à retravaillé pour faciliter ma vie de baryton. Sur le premier disque de Saxkartel je n’avais pas encore ce bec et c’était chaque fois une bataille très physique entre moi et cet instrument.

Tracks

1990 // Fabrizio Cassol - Trio Bravo

  1. 10:03 Quatrième Monde

1990 // Jacques Pelzer

  1. 5:04 It’s Easy to Remember

2001 // Nicolas Kummert

  1. 7:50 Alchemist

2003 // Robert Jeanne

  1. 4:17 Mister A.C.

2004 // Tom Van Dyck - Saxkartel

  1. 5:10 Skylark

2005 // Jan Rzewski - Danza Quartet

  1. 7:27 Farfalle

2006 // Michel Mainil - Enter Project

  1. 6:24 Ajax

2010 // Manuel Hermia

  1. 8:48 The Color Under The Skin

2012 // Thomas Champagne - The Sidewinders

  1. 6:43 Mr Kenyatta

2013 // Fabrice Alleman

  1. 5:03 Hope for the World

2014 // Pierre Vaiana - L’Âme Des Poètes

  1. 5:51 C’est extra / Comme à Ostende
Durée totale 1:12:40