Cette fois, ce ne sont plus les funduqs, mais la Sicile entière qui sert de décor aux retrouvailles du saxophoniste belge et de son ami Salvatore Bonafede.

Les funduqs, ces auberges où les ambulants chantaient le soir, les rencontres entre la Sicile et le monde arabe, les danses traditionnelles, les chants âpres et enjoués, étaient la matière du disque précédent (Porta Del Vento). En renouant avec le pianiste Salvatore Bonafede, lui aussi d’origine sicilienne, s’est créé une autre ambiance: toujours un travail ethnomusicologique, mais avec la liberté et le regard universaliste du Jazz.

Dans le cas de « Itinerari Siciliani », les choses se présentent quelque peu différemment. Il s’agit d’inscrire, dans le langage universel du Jazz, les émotions vécues par un enfant de l’immigration au contact de l’âme sicilienne. Les musiques sont écrites et improvisées par le duo en écho à des tranches de vie, à des paysages où s’ancrent les villages. Les itinéraires de l’exil, La Sicile que l’on a quittée pour mieux la retrouver, en sachant le voyage toujours inachevé, la route toujours à reprendre.

Philippe Baron

06 mars 2011 sowarex