Quatuor Halvenalf

Le violon, de deux choses l’une : ou tu joues juste ou tu joues tsigane. J’ai choisi tsigane. 

 (Bobby Lapointe)

 

Au départ, en 1983, nos ambitions étaient strictement domestiques. Brahms (Johannes) autour d’un verre de Sherry (Dry), avec des biscuits salés. Puis il y a eu l’épisode Sheller (William) qui nous a entraînés sur les scènes de variétés, nous a valu une éphémère renommée, mais surtout qui a cimenté le groupe au cours de longs échanges métaphysiques à propos de gastronomie appliquée, d’emploi des langues dans le discours musical, des mérites du roman policier suédois et autres sujets majeurs (interminables trajets en voiture). Au fil des ans, notre quatuor a dû creuser son trou parmi les Grands - inaccessibles étoiles - et les ensembles "téléphone" approximatifs, s’inventer un ton, un style et un répertoire qui nous situe dans le très compartimenté monde musical.

Pour ce CD, nous avons opté pour des compositions originales que nous défendons avec conviction, vu qu’on n’a pas le choix des armes. Quant aux concours que nous avons gagnés, aux médailles et prix divers glanés par nos membres, aux concerts donnés en Belgique et à l’étranger, nous sommes convaincus que leur liste interminable vous ennuierait. Edith Heudens (violoniste) est la plus fraîche du groupe. Enseignante, elle nous a rejoints voici quelques années, pour le meilleur et le pire (surtout question style).

Les amateurs de hard-contempo n’y trouveront certes pas leur compte - notre musique n’a de contemporain que sa date d’écriture. Elle se veut chargée de séduction voire racoleuse, usant d’idiomes confirmés par l’usage, à consommer avec un demi sourire, comme on voit défiler à travers les vitres du train, les détails d’un paysage vaguement familier. Enfin, notre curriculum serait incomplet si nous omettions notre pratique assidue, (à des degrés d’intensité divers) du vélocipède à un pédalier.

 

Edith Heudens (violoniste) est la plus fraîche du groupe. Enseignante, elle nous a rejoints voici quelques années, pour le meilleur et le pire (surtout question style).

Wiet Van De Leest (altiste musclé) a eu son heure de gloire, dans la 2ème moitié du XXème siècle, côté folk flamand (c’était lui dans RUM !).

Claudine Steenackers (cello) enseigne son art dans les deux langues et trempe régulièrement son archet dans le bouillon trouble des musiques marginales.

Jeannot Gillis (violon) signe ce texte et deux des quatuors. Ce disque, concrétisation de mes fantasmes de compositeur et d’interprète, me sert donc amplement de présentoir.