Le vibraphone s’est mis à hoqueter comme la batterie en mode lapin Duracell et les orgues soufflent Beaufort 10 sur le violoncelle de Kathy et l’accordéon diatonique de Didier. La première ferme les yeux, brave dans les graves, le second bouge le « piano du pauvre », les genoux en accent circonflexe, rictus de plaisir étanché, la sueur au front après deux morceaux seulement. Cette étrange vision, semblant sortie, au choix, d’un casting inédit de Tim Burton ou de Fellini, se passe chez Namahn, splendide arrière-maison de maître, à Saint- Josse, à Bruxelles, où est installé le compositeur Walter Hus. Réputé pour ses dispositions avant-gardistes, ce Flamand de 58 ans pilote pour l’heure la chose, le monstre, l’engin : le limonaire de la race des orchestrions. Soit quinze éléments séparés qui, mis ensemble, constituent un orgue géant entouré d’une parabole d’autres instruments (les percussions déjà citées, mais aussi un accordéon, un xylophone ou des blocs chinois, ces fausses castagnettes géantes).

« Magnifiquement Dingue. »

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